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 L'atlantide selon platon

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Ananta
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MessageSujet: L'atlantide selon platon   Mar 8 Nov - 18:05

L'atlantide selon platon


Timée et Critias

Dans ces deux ouvrages, Platon retranscrit un long dialogue entre quatre personnages : Socrate, le grand maître, Timée, Critias et Hermocrate. Ces trois derniers s’expriment tour à tour devant Socrate, et leurs récits sont donnés par Platon dans ce qui aurait dû devenir une trilogie. Or le troisième ouvrage (Hermocrate) ne fut jamais écrit, et le second, Critias, resta inachevé… à moins qu’on n’ait jamais retrouvé la suite. Quoiqu’il en soit, il faut préciser que Le Timée est un ouvrage particulier dans l’œuvre de Platon, car son dessein est de donner un aperçu général de la connaissance au temps de Platon, aussi y est-il question de cosmogonie, d’anatomie, d’histoire, etc… Pour le thème qui nous intéresse ici, l’Atlantide, toutes les informations nous sont données par l’un des protagonistes, Critias. Il précise qu’il tient l’histoire de l’Atlantide de son grand-père, Critias l’Ancien, qui lui-même la tenait d’un certain Dropidès, qui la détenait de Solon, grand homme politique et philosophe athénien, qui avait appris l’histoire en Egypte auprès des prêtres de Saïs. Dans ce qui suit, on considèrera que c’est Platon qui est l’auteur, bien qu’il ne fasse à priori que retranscrire les paroles de Critias.



Situation et dimensions de l’Atlantide

L’Atlantide n’était pas une petite île, très loin de là, puisque Platon la dit « grande comme la Libye et l’Asie réunies ». A l’époque, la Libye désignait toute l’Afrique du Nord (excepté l’Egypte), et l’Asie désignait l’Asie mineure, c’est-à-dire approximativement la Turquie actuelle. Ce qui fait tout de même un immense continent.
Quant à sa situation, ce qu’en dit Platon est à la fois très précis et très étrange :
" [L’Atlantide] se trouvait en effet devant le détroit qui, selon votre tradition, est appelé les Colonnes d’Héraclès. Cette île était plus étendue que la Libye et l’Asie prises ensemble. A partir de cette île, les navigateurs de l’époque pouvaient atteindre les autres îles, et de ces îles, ils pouvaient passer sur le continent situé en face, le continent qui entoure complètement cet océan, qui est le véritable océan."
Les Colonnes d’Héraclès, pour les Grecs de l’époque, c’est le détroit de Gibraltar, donc la jonction entre la Méditerranée et l’Atlantique. Donc, vu de la Grèce, l’Atlantide se situe bel et bien au beau milieu de l’océan atlantique, et il serait absurde de vouloir la situer ailleurs, comme l’ont fait certains interprètes. Quant à ce continent qui se trouve encore au-delà de l’Atlantide, on ne peut bien sûr s’empêcher de penser à l’Amérique… mais avant de tirer des conclusions trop hâtives il faudrait pour cela étudier de plus près la conception du monde selon Platon.



Un merveilleux continent de montagnes

L’Atlantide est décrite par Platon comme un vrai coin de paradis, où la terre est fertile, l’agriculture aisée et prolifique, où tout fleurit à merveille et en grandes quantités, sous un climat idéal et à la végétation luxuriante. C’était un continent de montagnes, de grandes chaînes montagneuses peuplées par des cités magnifiques et des milliers de petits villages, et parsemées de vertes prairies, de lacs, de rivières et de profondes forêts. Tout autour, pas de plage de sable fin, mais plutôt des falaises abruptes plongeant à pic dans l’océan.
Les montagnes ne recouvraient toutefois pas tout le continent. Au Sud se trouvait une plaine immense mesurant 3000 stades sur 2000 stades (soit à peu près 500 sur 350 kilomètres), laquelle était entourée d’un immense fossé creusé par les hommes eux-mêmes (ce qui sous-entend que leur technologie était capable de réaliser des ouvrages de très grande ampleur, vue la taille et la profondeur du fossé !), et rempli de l’eau descendant des rivières de la montagne. De plus, cette plaine était traversée par de nombreux canaux transversaux, empruntés par les bateaux de transport. Elle était divisée en districts, à la tête de chacun desquels se trouvait un chef.

Enfin, du côté Sud de cette plaine, face à l’océan, se trouvait la somptueuse capitale qui, selon la description de Platon, semblait dépasser très largement en beauté et en grandeur toutes les villes aujourd’hui connues. Elle se trouvait au centre de six cercles concentriques d’eau et de terre, lesquels étaient reliés soit par des ponts, soit par un long canal jonché de ports. Au centre se trouvait la capitale, essentiellement constituée de sanctuaires et de temples, et où coulaient deux sources abondantes et inépuisables, l’une d’eau froide, l’autre d’eau chaude, toutes deux parfaitement pures et propres. Quant au centre suprême, le sanctuaire de Poséidon, il était tout recouvert d’or et d’argent :
" A l’intérieur, on avait revêtu tout le plafond d’ivoire mêlé avec de l’or, de l’argent et de l’orichalque, ce qui lui donnait un aspect bariolé; et tout le reste, les murs, les colonnes et le pavement, il l’avait revêtu d’orichalque. Des statues en or s’y élevaient, celle du dieu, debout sur son char attelé de six chevaux ailés, et tout autour du dieu, qui était si grand que le sommet de sa tête touchait le plafond, il y avait des Néréides montées sur des dauphins, au nombre de cent, car c’était le nombre accrédité parmi les gens d’alors. "

Voici à quoi devait ressembler la capitale :

Les rois atlantes

L’histoire nous enseigne aussi comment est née la civilisation atlante. A l’origine, la Terre fut partagée entre les différents dieux, et c’est ainsi, par exemple, qu’Héphaïstos et Athéna héritèrent d’Athènes. Quant à Poséidon, il lui fut donné l’Atlantide, et c’est pour cela qu’il était le dieu suprême de la civilisation atlante. Il prit pour femme une mortelle, Clito, avec qui il engendra dix garçons : cinq paires de jumeaux, qui devinrent les dix premiers rois atlantes. Le tout premier s’appelait Atlas, et donna son nom au continent. Par la suite, les rois restèrent toujours au nombre de dix, et chacun exerçait un pouvoir absolu sur son territoire et ses sujets. Ils se réunissaient tous les cinq ans et tous les six ans alternativement, dans le sanctuaire de Poséidon, selon un rituel et des lois très précises. Les rois se promettaient, entre autres, d’être irréprochables, d’obéir en tout point à la loi de leur père, et de se porter une assistance mutuelle en cas de danger. Ils prêtaient serment de tuer celui d’entre eux qui manquerait à sa parole.

Poséidon

La fin de l’Atlantide

Platon décrit l’histoire comme ayant eu lieu neuf mille ans auparavant, ce qui nous amène aux alentours de 10 000 avant J.-C. Les dix rois ne dominaient pas uniquement sur l’Atlantide : ils avaient aussi conquis de vastes territoires en Europe et en Afrique. Mais, apparemment poussés par l’orgueil et la soif de conquête, ils décidèrent de pousser leurs expéditions un peu plus loin et s’attaquèrent à la Grèce… contre qui ils subirent une lourde défaite. Ici, bien sûr, plus que dans tout le reste du récit, on ne peut être que très surpris pas la tournure des évènements. Pour commencer, à cette époque, selon les historiens officiels, il n’y avait aucune civilisation, d’ailleurs on était encore dans ce que les « spécialistes » nomment la « préhistoire ». Donc, toujours selon les historiens, non seulement la civilisation atlante n’existait pas, mais encore moins une quelconque civilisation grecque capable de repousser le prodigieux empire décrit ci-dessus !
Mais le plus troublant est à venir. Juste après leur défaite, les Atlantes et tout leur continent allaient être victimes d’un gigantesque cataclysme, qui allait les « engloutir » presque instantanément : « Dans les temps qui suivirent se produisirent de violents tremblements de terre et des déluges. En l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit funestes, toute votre armée fut engloutie d’un seul coup sous la terre, et l’île Atlantide s’enfonça pareillement sous la mer. » Il est aussi dit qu’à l’endroit où l’île s’est enfoncée, la mer est désormais impraticable.

Les raisons de la chute

Bien que le but de cet article ne soit pas d’interpréter quoique ce soit, on ne peut quand même qu’être surpris par la fin inattendue de l’empire atlante. Sans parler du cataclysme, l’attitude des rois atlantes est pour le moins étrange. En effet, si comme l’explique Platon les dix rois - et d’une manière générale le peuple entier - possèdaient une sagesse et une connaissance nettement supérieure aux autres rois du monde entier, pour quelle raison se sont-ils mis en tête d’aller conquérir le reste de la planète, et d’asservir tous les peuples ? En tous cas, c’est bien ce qui semble avoir causé leur perte, et le mieux est de laisser parler Platon, car c’est une vraie leçon de sagesse :
[Les Rois atlantes] restèrent dociles à la voix de leurs lois et gardèrent de bonnes dispositions à l’égard du principe divin auquel ils étaient apparentés. Leurs façons de penser étaient pleines de vérité et de grandeur, à tous égards; ils se comportaient avec une mansuétude accompagnée de modération aussi bien à l’égard des constantes vicissitudes de l’existence que les uns à l’égard des autres. Aussi, dédaignant toutes choses à l’exception de la vertu, faisaient-ils peu de cas de leur prospérité et supportaient-ils à la façon d’un fardeau léger la masse de leur or et de leurs autres biens.[…]
Mais, quand l’élément divin vint à s’étioler en eux, parce que cet élément avait été abondamment mélangé et souvent avec l’élément mortel, et quand le caractère humain vint à prédominer, alors, désormais impuissants à supporter le poids de la prospérité qui était la leur, ils tombèrent dans l’inconvenance, et, aux yeux de celui qui fait preuve de discernement, ils apparurent moralement laids, parce qu’ils avaient laissé se corrompre les biens les plus beaux qui viennent de ce qu’il y a de plusnoble, tandis qu’aux yeux qui n’arrivent pas à discerner quel genre de vie correspond véritablement au bonheur, ils parurent à ce moment-là être parfaitement beaux et heureux, alors qu’ils étaient remplis d’injuste cupidité et d’excès. "

En guise de conclusion, et d’ouverture sur un autre débat, on peut se poser l’éternelle question : est-ce que l’Atlantide de Platon est une fable, ou une réalité ? En fait, trois hypothèses sont envisageables :
1/ C’est une fable, à laquelle Platon lui-même s’est laissé piéger.
2/ C’est une fable, inventée par Platon ou un autre, dans le but de faire passer, de façon ésotérique, si on peut parler ainsi, un message philosophique ou politique.
3/ C’est la stricte vérité, avec éventuellement quelques erreurs 
(notamment en ce qui concerne les dates).



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